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Guide pratique · protection passive incendie
Le flocage anti-feu est un revêtement projeté sur la structure d'un bâtiment pour retarder sa montée en température en cas d'incendie. Il permet aux poutres, poteaux, planchers et murs de rester stables de 30 minutes à 4 heures, le temps d'évacuer les occupants et de laisser intervenir les secours.
Guide rédigé par l'équipe technique IP2F · mis à jour en octobre 2026
Un chargé d'affaires vous rappelle très vite. Pensez à garder votre téléphone à portée de main.
Définition
Un flocage anti-feu, aussi appelé flocage coupe-feu ou flocage de protection incendie, est un produit isolant projeté mécaniquement sur les éléments porteurs ou séparatifs d'un bâtiment. Il forme une couche continue, sans joint, qui épouse toutes les formes : poutres, poteaux, bacs acier, dalles, solivages ou murs.
En cas d'incendie, le flocage anti-feu agit comme un isolant thermique : il ralentit la montée en température du support. C'est décisif pour l'acier, qui perd une grande partie de sa résistance mécanique au-delà d'environ 500 °C. Protégée, la charpente reste stable pendant la durée exigée (classement R), et un plancher ou un mur conserve son étanchéité et son isolation (classements EI ou REI).
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Projection d'un flocage anti-feu fibreux sur mur et sous-face de plancher par un technicien IP2F.
Bien lire une exigence
Dans un CCTP ou un rapport de bureau de contrôle, l'exigence s'écrit toujours de la même façon : une ou plusieurs lettres, suivies d'une durée en minutes. Les lettres disent ce que l'élément doit continuer à faire pendant l'incendie, le chiffre dit combien de temps.
La structure continue à porter sa charge sans s'effondrer. C'est l'exigence classique pour une poutre ou un poteau en acier.
Les flammes et les fumées chaudes ne passent pas de l'autre côté. On la demande pour un mur ou un plancher qui sépare deux zones.
La face non exposée reste assez froide pour ne pas enflammer ce qui se trouve derrière : stock, câbles, locaux voisins.
Un exemple concret
« R 60 » sur une charpente métallique veut dire : elle doit rester stable 60 minutes. « REI 120 » sur le plancher entre un parking et des logements veut dire : il doit tenir, bloquer les flammes et limiter la chaleur pendant 2 heures. Le flocage anti-feu est dimensionné pour atteindre exactement ce niveau, ni plus, ni moins. On croise encore les anciennes mentions SF (stable au feu), PF (pare-flammes) et CF (coupe-feu) : elles correspondent à peu près à R, E et EI.
Réglementation
Le flocage n'est pas imposé en tant que tel : c'est la résistance au feu des structures qui l'est. Elle dépend du type de bâtiment, de sa hauteur et de son usage, et le flocage anti-feu est l'une des solutions les plus courantes pour l'atteindre.
Commerces, bureaux recevant du public, salles, hôtels : le règlement de sécurité incendie des ERP (arrêté du 25 juin 1980) fixe la stabilité au feu selon la catégorie et le type d'établissement.
Les entrepôts couverts soumis à la réglementation des installations classées (arrêté du 11 avril 2017) doivent répondre à des exigences de résistance au feu pour leur structure et leurs murs séparatifs.
La sécurité incendie des bâtiments d'habitation (arrêté du 31 janvier 1986) impose des planchers et structures résistants au feu, notamment entre parkings, caves et logements.
L'exigence est fixée par le bureau d'études ou le bureau de contrôle. Le flocage anti-feu doit ensuite correspondre au PV du produit : support, épaisseur et mise en œuvre.
Ces textes sont cités à titre de repères : l'exigence exacte de votre bâtiment figure dans votre dossier de sécurité, votre CCTP ou l'avis du bureau de contrôle.
Sur quoi on l'applique
Le flocage anti-feu s'adapte à presque tout ce qui compose un bâtiment. Voici les cas que nous traitons le plus souvent sur nos chantiers.
Le cas le plus fréquent en entrepôt et en bâtiment industriel. L'acier chauffe vite : sans protection, une charpente peut céder en quelques minutes.
Le flocage en sous-face renforce la résistance au feu d'une dalle existante, souvent pour séparer un parking ou un local technique des étages.
Ces planchers mélant tôle et béton sont très courants dans les bâtiments récents. Le flocage suit la forme ondulée de la tôle sans laisser de vide.
Utile en rénovation de bâtiments anciens. Le flocage est projeté sur un métal déployé fixé sous les solives, sans toucher à la structure d'origine.
Pour créer un mur coupe-feu entre deux cellules d'entrepôt ou une bande pare-flammes le long d'une façade, face à un bâtiment voisin.
Les gaines de désenfumage ou de ventilation qui traversent plusieurs zones doivent elles aussi résister au feu pour ne pas propager l'incendie.
Les procédés
Il existe deux grandes familles de flocage anti-feu. Le choix dépend du support, de la durée de protection visée, de l'exposition aux chocs ou à l'humidité et des PV disponibles pour le produit.
Projection de fibres minérales (laine de roche ou de laitier) mélangées à un liant, qui forment un revêtement léger et isolant.
✓ Très bon rapport performance / prix sur les grandes surfaces
✓ Apporte aussi une isolation thermique et acoustique
✓ Idéal en sous-face de bacs acier, dalles et charpentes d'entrepôts
Projection d'un mortier à base de plâtre, de ciment ou de vermiculite, qui forme un enduit plus dense et plus résistant.
✓ Meilleure résistance aux chocs et à l'abrasion
✓ Aspect plus fin, compatible avec un enduit de finition
✓ Adapté aux zones exposées : parkings, locaux techniques, poteaux
Comparatif
La peinture intumescente gonfle sous l'effet de la chaleur pour isoler l'acier. Elle est souvent comparée au flocage anti-feu : voici les différences qui comptent sur un chantier.
IP2F réalise les deux techniques : nous vous orientons vers la solution la plus adaptée à votre exigence feu et à votre budget. En savoir plus sur la peinture intumescente.
Étape par étape
Un chantier de flocage bien préparé se déroule vite et proprement. Voici ce qui se passe concrètement, de la première visite à la remise des documents.
On vient voir le bâtiment, ou on étudie vos plans. On relève les supports, les hauteurs, les accès, et on part de l'exigence fixée par votre bureau de contrôle pour choisir le produit et l'épaisseur.
Les surfaces sont nettoyées si besoin, puis on protège tout ce qui ne doit pas recevoir de flocage : sols, menuiseries, réseaux, équipements. Si le site reste en activité, la zone de travail est isolée.
Le produit est projeté à la machine, en une ou plusieurs passes, jusqu'à l'épaisseur prévue. Pour les grandes hauteurs, on travaille en nacelle.
Pendant et après la projection, on mesure l'épaisseur à plusieurs endroits avec une jauge. Ces relevés sont notés et transmis avec le dossier.
On retire les protections, on nettoie, puis on vous remet le PV, les fiches produits, les autocontrôles et l'attestation. Le chantier est prêt pour la visite du bureau de contrôle.
Conformité
Un flocage anti-feu n'a de valeur que s'il est prouvé. À la fin de chaque chantier, IP2F remet au maître d'ouvrage et au bureau de contrôle :
✓ Le procès-verbal (PV) ou rapport de classement du produit
✓ Les fiches techniques et la déclaration de performances (DoP)
✓ Les autocontrôles d'épaisseur relevés pendant la projection
✓ L'attestation de fin de travaux pour votre dossier de sécurité
✓ Les photos avant, pendant et après intervention
Le bon flocage anti-feu n'est pas le plus épais, c'est celui qui correspond exactement à l'exigence du bâtiment et au PV du produit. C'est ce qui fait la différence le jour du contrôle.
— Équipe technique IP2F, entreprise certifiée QualibatDevis gratuit
Décrivez votre chantier en 2 minutes. Un chargé d'affaires de l'agence la plus proche vous rappelle sous 48 h avec une solution conforme et un devis gratuit.
✓ Étude sur plans ou visite sur site
✓ Procédé, épaisseurs et PV indiqués dans le devis
✓ Intervention sous 24 à 48 h en IDF, Hauts-de-France et région lyonnaise
Questions fréquentes
Non, les produits de flocage anti-feu actuels sont à base de laines minérales, de plâtre, de ciment ou de vermiculite, et l'amiante est interdit en France depuis 1997. Pendant la projection, les applicateurs portent des équipements de protection et la zone est isolée. Une fois sec, le flocage est stable. Seuls les flocages anciens, posés avant 1997, doivent faire l'objet d'un repérage amiante avant travaux.
Un flocage anti-feu garde ses performances tant qu'il n'est pas dégradé : chocs, infiltrations d'eau, découpes pour le passage de réseaux. Il est conseillé de le vérifier visuellement lors des visites périodiques du bâtiment et de faire reprendre toute zone endommagée avec un produit compatible, dans l'épaisseur d'origine.
Certains flocages pâteux acceptent une peinture ou un enduit de finition, d'autres non. Une peinture non prévue peut modifier le comportement au feu du produit : il faut toujours vérifier que la finition est compatible avec le PV avant d'intervenir. IP2F vous indique les finitions possibles dès le devis.
Le prix d'un flocage anti-feu se calcule au m². Il dépend du support, de la durée de protection (donc de l'épaisseur), du type de produit, de la surface, de la hauteur et de l'accessibilité du chantier. Le fibreux est généralement le plus économique sur les grandes surfaces. Pour un chiffrage précis, demandez un devis gratuit.
Pas forcément. Si l'ancien flocage ne contient pas d'amiante et adhère correctement, il peut parfois être complété, à condition que l'ensemble soit couvert par un PV. Dans le cas contraire, il faut le déposer. Le diagnostic se fait lors de la visite technique, après le repérage amiante si le bâtiment date d'avant 1997.
Oui. « Flocage anti-feu » est le terme qu'on utilise le plus souvent dans le langage courant, « flocage coupe-feu » ou « flocage de protection incendie » sont les termes du métier. Dans tous les cas, on parle du même travail : projeter un produit isolant pour que la structure résiste au feu le temps exigé.
Souvent, oui. Sur un entrepôt ou un site industriel en activité, on travaille par zones : la partie en cours de flocage est fermée et protégée, le reste du bâtiment continue de fonctionner. On organise le planning avec vous pour gêner le moins possible, y compris en horaires décalés si nécessaire.
Le flocage fibreux, oui : les laines minérales qui le composent améliorent aussi l'isolation thermique et l'acoustique, ce qui est appréciable sous un plancher de parking ou dans un local bruyant. Le flocage pâteux est surtout choisi pour sa tenue au feu et sa solidité. Si vous avez un double objectif, dites-le nous dès la demande de devis.